Exposition "Fort Contemporain" - "Le Charivari" Musée du Château de Mayenne.

Exposition collective « Fort Contemporain » au Musée du Château de Mayenne.

Commissariat Mathias Courtet et Mathieu Grandet. 

avec : Barreau et Charbonnet , Julien Colombier, Thomas Dellys, Charles Freger, Raphael Garnier, Valérian Henry, Jules Julien, Laurent Pernot, Marie Aurore Stiker Métral, Rubenimichi, Raphael Zarka et L’orchestre du Pays de Haute Mayenne.

Production Musée du Château de Mayenne 2019 / Assistant Tom David.

 

Proposition autour de l’interprétation du Bal des Ardents, à partir de la miniature des chroniques de Jean Froissart réalisé par de Philippe de Mazerolles aux alentours de 1470. 

Le 28 Janvier 1393, 4 membres de la noblesses périssent lors d’un charivari. Alors qu’ils distrayent l’assemblée grimés en sauvage, Louis, duc d’Orléans et frère du Roi, entre dans la pièce avec une torche qui embrasera 6 des participants du charivari, dont son frère souverain.  Le Roi Charles VI ,qui fut sauvé in extremis, sombra définitivement dans la folie.  

 

Bois Brûlé et Faïence Rouge

L’installation se compose de plusieurs éléments. Une table en bois brûlé constitue la base sur laquelle viennent se positionner des pièces en céramique. La table est haute, composée de contreplaqué de pin et de pieds en hêtre. 

L’utilisation du feu dans la réalisation des pièces est une constante, elle fait directement référence à l’incendie du Bal des Ardents. La table est brûlée, brossée puis vernie, afin d’y positionner les pièces en céramique et constituer un fort contraste entre la faïence rouge, l’email noir brillant et le bois Mat calciné. 

Dimensions : Long 180cm x larg 60cm x Hauteur 92cm

Brocs, tasses et assiettes en céramique. Faïence Rouge et email noir brillant. 

Les pièces en céramique sont réalisées par coulage à l’aide de faïence rouge dans des moules en plâtre. Elles ont ensuite été émaillées à l’intérieur en noir brillant afin de contraster avec l’aspect mat de la table. 

La série est constituée de vaisselle afin de re-contextualiser le banquet pendant lequel le bal des ardents a eu lieu. Les brocs sont des éléments importants puisqu’ils ont servi à tenter de sauver les protagonistes de ce bal, les personnes présentes jettant des brocs d’eau sur les sires enflammés afin de stopper leur combustion. 4 des 6 personnes grimées périront par les flammes. Ce sont ces 4 personnes qui sont représentées sur cette installation. 

Les assiettes et tasses sont identiques, en revanche les 4 brocs sont différents afin de représenter ces 4 individus, mort brûlés vif dans cette sordide histoire.

Production du Musée du Château de Mayenne.

L’exposition est visible du 22 Juin 2019 au 06 Octobre 2019.

En partenariat avec le Kiosque, centre d’action culturelle de Mayenne Communauté. Commissariat : Mathias Courtet, coordinateur du centre d’art contemporain Le Kiosque et Mathieu Grandet, directeur du musée du château de Mayenne.

Toutes les pièces sont uniques et peuvent être dissociées. La table est également disponible indépendament du reste. Prix et dimensions sur demande.

Charivari par Mathias Courtet.

Le 28 Janvier 1393, un bal sauvage destiné à distraire Charles VI, tourne au drame. Ce Charivari a eu lieu dans la pénombre avec des danseurs revêtus de costumes de bêtes faits de poix, de lin et de poils, dans une salle richement décorée de l’Hôtel Saint Pol. Un convive y introduit une torche pour apprécier avec plus de clarté le spectacle Royal qui s’y joue. C’est l’embrasement. Le Roi survit, miraculeusement.

Thomas Dellys, designer, étudie cette question du feu, en mettant en lumière ce fait divers tragique enluminé par Philippe de Mazerolle : Le bal des ardents

Si la miniature témoigne avec précision de ce fait d’hiver, elle donne aussi une foule de détails quant à l’art de vivre dans ces petits salons appelés Séjours. On y découvre des tentures et des tapis, des invités vêtus d’habits richement ouvragés dégustant faisans et perdrix ainsi que de goûteux vins carafés, lancés dans des danses endiablées. Ces réceptions sont fastueuses comme le prouvent les éléments de service de table qui trônent face au roi. Et si le siège royal à brûlé, la tête couronnée doit son salut à une jeune princesse qui hâtivement la recouvre de ses jupons afin d’en étouffer le feu déjà bien actif. Un sire invité se jette dans un cuvier d’eau et tente après coup et en vain, de jeter broc d’eau après broc d’eau sur les autres peaux vives de ce cruel brasier. 

Des brasiers il y en a certainement eu dans l’âtre de la cheminée de la cour du château. Le long de cette muraille, on a cuit, peut-être dans les plats aux yeux de perdrix, conservés comme des trophées de terres chamottées dans le château devenu aujourd’hui musée.

Avec aisance, Thomas Dellys façonne dans la terre crue l’anse de son broc en pensant au sire sauvé par sa carafe. Il mélange, moule, démoule et prépare le feu de plein air. Ses carafons une fois prêts sont enfournés. La température monte et la cuisson se fait à l’étouffée. Le bal est autour du feu, l’ardeur bien à l’abri de nos peaux estivales. 

Thomas Dellys défourne puis dresse sa table. Une table sur laquelle trônent ses brocs de terre rougis. Il donne corps à l’anse, pourvu qu’elle serve à donner couleurs à nos joues, afin que le précipité qui coule des carafons nous soit une fois de plus salutaire.